53 billets en 2015 : la mauvaise habitude que j’ai réussi à perdre #9


logo 53 billets

 

Je suis pétrie de mauvaises habitudes que je n’ai pas perdues et je pourrais vous en faire la liste si vous me le demandiez mais comme ce rendez-vous se veut celui de la « positive attitude » je mettrais de côté cette énumération sans fin.

Et pour être franche, le sujet de cette semaine m’a souvent trotté dans la tête ces derniers jours sans réellement savoir ce que j’allais pouvoir y mettre. J’étais à deux doigts de jouer les mythos. Et puis « une discussion avec Agoaye » plus tard et je tiens enfin mon sujet !

Comme vous le savez sans doute je suis instit’ (depuis décembre 2003, je me fais vieille…) et l’une des caractéristiques de mon métier (et qui m’a un peu bouffé la vie dès le début) c’est cette propension qu’il a à prendre trop de place au quotidien : vivre, manger, penser, dormir instit’, presque H24, c’est usant… Un passage en librairie et hop, une possibilité de livre à exploiter en classe voit le jour ! Une recette sympa testée à la maison et bing, une idée de gâteau d’anniversaire à cuisiner avec mes petits 3 ans ! Un repas détente entre collègues/amies, et vlan, le petit Kevin qui revient sur le devant de la scène ! Une soirée télé en amoureux et boum, les cours à préparer qui  surgissent au hasard d’une pub (allez comprendre) alors que  jusque là ils s’étaient faits discrets. Deux semaines de vacances, et badaboum, la chute douloureuse tant attendue est bel et bien là en réalisant qu’il y a tant de choses à faire pour la rentrée prochaine….

Oui, ma mauvaise habitude, c’était de stresser par anticipation, de ne pas profiter du moment présent et plus que tout, de ne pas arriver à faire la part des choses et de me laisser littéralement bouffer par ma vie professionnelle.

Et puis, j’ai fait un choix de carrière, celui de devenir remplaçante. Non, je ne me déplace pas en moto comme Victor Novak, et je ne dépasse jamais les frontières de mon petit département. Je suis juste celle qu’on appelle quand un-e collègue tombe malade, est en congé maternité ou en stage. Il m’arrive d’avoir des remplacements longs mais globalement le hasard a fait que j’ai surtout assuré des remplacements à la journée, au plus à la semaine. Alors ce n’est pas évident d’être un pion qui se déplace au gré des besoins d’une inspection mais il y a aussi un avantage certain, le travail est moindre (enfin toujours dans le cadre de remplacements très courts). Ainsi je rentre souvent le soir, sans rien à préparer et les petits soucis liés au quotidien d’une classe me touchent moins car ce n’est que passager. Je prends le bon,  j’oublie vite le reste. Je peux me poser chez moi après une journée de boulot et me vider la tête plus facilement.

De fil en aiguille, l’école m’a laissé plus d’espace dans ma vie personnelle. Elle s’est fait toute petite me laissant savourer mes moments de repos.  Elle n’était plus là  tapie dans l’ombre, prête à surgir à tout moment. Bon, pour être honnête (et même après 7 rentrées sur ce poste) j’ai encore la boule au ventre le matin quand je ne sais pas où je vais passer ma journée, dans l’attente d’un hypothétique coup de fil, mais c’est tellement peu en comparaison de cette liberté d’esprit que cela me donne.

Je ne vis plus , je ne mange plus, je ne pense plus, je ne dors plus instit’ H24.  J’ai réussi à perdre cette mauvaise habitude et je dois bien l’avouer, c’est juste le pied !

signature

Publicités

11 réflexions sur “53 billets en 2015 : la mauvaise habitude que j’ai réussi à perdre #9

  1. Yes !

    C’est bien d’avoir pu le faire, ma meilleure amie est instit non remplacante et elle vit comme ton « toi » du début !
    Aucune (ou très peu) conversation qui ne reviennent pas à l’école aux enfants… Et des heures et des heures à préparer les cours le weekend…. Un sacerdoce !

    Bravo pour ton choix de vie, la liberté et la paix de l’esprit n’a pas de prix !

    Bon dimanche,

    Nath, un éléphant qui se baladait

    Aimé par 1 personne

    • Merci !

      Bon cela dit, avoir ma classe à moi me manque aussi parfois, paradoxalement. Il y a quelque chose de frustrant dans le métier de remplaçant, notamment dans le contact avec les enfants. le côté affectif passe souvent à la trappe et on participe peu aux projets. Mais on ne peut tout avoir et pour l’instant, ça me va !

      Aimé par 1 personne

  2. C’est très bien d’avoir pu faire la part des choses. J’ai travaillé dans une école et j’avoue que j’aime pouvoir m’attacher aux enfants et participer aux projets mais je n’étais pas instit’ donc ça ne me prenait pas la tête !
    Si ça te convient comme ça c’est bien 🙂

    J'aime

  3. Comme tu peux l’imaginer, je te comprends à 100%…. Et moi ça a été l’inverse : de ZIL je suis passée à titulaire de ma classe et donc le fait de penser à autre chose que mon boulot est un exercice très compliqué du coup…
    Mais j’y arrive parfois :))

    J'aime

  4. Rho je le reconnais bien dans ta description du début…moi ce sont les enfants qui m’ont poussée à lever un peu le pied mais j’ai encore bien du mal à ne pas ramasser une jolie feuille par terre ou à acheter de la littérature de jeunesse avec une arrière pensée…
    Bravo d’avoir réussi! Mais franchement l’inconnu du métier de remplacement ne me dit pas trop…j’ai préféré le temps partiel et je reprends à 3/4!!

    J'aime

    • Alors j’ai été remplaçante avant d’être maman et ce sont aussi mes enfants qui me poussent maintenant à maintenir ce mode de vie. Quand ils seront plus grands je me poserai peut être sur un poste fixe mais j’avoue que le confort de mes week-ends sans boulot ne me motive que très peu pour l’instant.
      Le temps partiel est un bon compromis je trouve.

      J'aime

Dites moi tout !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s