Se souvenir des belles choses…


Ce soir, je consulte mon profil personnel sur facebook. Jusque là, tout va bien, ça ne devrait pas me prendre la nuit. Je regarde mes notifications et me rends compte qu’une amie d’enfance m’invite à faire partie d’un groupe privé dont le but est d’organiser les retrouvailles des anciens de notre collège et de notre lycée.

Je n’ai gardé aucun contact ou presque avec eux. J’en ai oublié la plupart. J’ai toujours eu un petit groupe d’amis de toute façon et ceux qui n’en faisaient pas partie se sont très vite effacés de ma mémoire. Je fais tout de même défiler la liste des membres. Et des visages, des noms me reviennent. Il y a cette fille puis cette autre, et ce garçon aussi.  Je devrais m’en réjouir : en fait je ne suis pas si sénile que je le pensais, et puis on a pensé à moi, c’est une bonne nouvelle. Pourtant, plus j’avance, plus je me sens angoissée.

Non, je n’ai vraiment pas envie de les revoir. Ils ne m’ont pourtant rien fait. Je n’ai jamais été leur souffre-douleur, j’étais juste l’ado timide et un peu maladroite de service.  Je n’ai pas de mauvais souvenirs dont ils pourraient être responsables de près ou de loin. Mais il y a cette sensation de mal-être qui refait surface, ce mal de ventre qui me reprend… Oui, c’est bien mon adolescence en ce lieu que je n’ai pas envie de voir ressurgir.

Car ce collège, ce lycée, ce ne sont pas que des amis, ce sont aussi une ville, ma maison, des instants en famille, 4 longues années d’angoisse et de peur par intermittence…

J’étouffe alors en repensant à cette course effrénée dans les escaliers pour échapper à ce bourreau qui voulait me tuer parce que je l’avais regardé de travers. Mon coeur bat à tout rompre quand je me revois ouvrir la fenêtre de ma chambre en lui disant d’arrêter car j’allais être obligée d’hurler dans tout le quartier s’il ne me laissait pas alors qu’au fond de moi  sauter du 1er étage me semblait bien moins douloureux que sa fureur. J’ai les larmes aux yeux  quand je repense à ma maman pleurant dans la cuisine, malheureuse de ne plus y arriver, ma grand-mère et ma tante à ses côtés, m’obligeant à lui faire un câlin alors que nous n’en faisions jamais.

Je ne veux définitivement pas revoir tous ces gens. Ils n’y sont pour rien. Ils font juste partie du décor, un décor sombre, parfois éclairé d’un peu de joie et de sourires mais bien trop souvent assombri par notre bourreau, ce pervers narcissique, ce tyran domestique, mon frère.

Ils s’en remettront, diront un « dommage » poli et de circonstance. Puis ils choisiront une date et s’amuseront, une bière à la main avec mille et un souvenirs sous le coude. Et je n’aurais pas alors à faire semblant, je n’aurais pas à angoisser et avec un peu de chance, je ne ferais pas tous ces cauchemars qui me taraudent dès que je fouille un peu trop loin dans ma mémoire…

Oublier tout ça… Et puis se souvenir des belles choses, là, maintenant ! Il le faut.

Source : ici

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