Je suis de gauche et j’en ai marre…


 

Ecrire un article traitant de politique sur mon blog, est-ce vraiment une bonne idée ?

A vrai dire je n’en suis pas certaine. Je m’expose clairement à la critique acerbe ou au fameux retour de bâton, à moins que ce ne soit plutôt à l’indifférence générale. Ce dont je suis sûre, c’est que cet espace qui est le mien me permet parfois d’extérioriser mes peurs et mes craintes et qu’actuellement j’en ai clairement besoin.

Je suis issue d’une famille où l’on vote traditionnellement à droite et où l’on a toujours parlé politique. Je m’y suis donc tout naturellement intéressée et,ce, très jeune. Comprendre le fonctionnement de mon pays, de ses institutions m’a très vite paru essentiel. Pour mieux saisir ceux qui nous gouvernent, les lois qui régissent notre société, les réformes mises en place, le système social qui est le nôtre, il faut en maîtriser les rouages, le vocabulaire, les grandes idées. La politique ne se résume donc pas seulement à des luttes de pouvoirs entre hommes et femmes ou à des « guéguerres » de partis :

la politique, au sens de Politeia, renvoie à la constitution et concerne donc la structure et le fonctionnement (méthodique, théorique et pratique) d’une communauté, d’une société, d’un groupe social. La politique porte sur les actions, l’équilibre, le développement interne ou externe de cette société, ses rapports internes et ses rapports à d’autres ensembles. La politique est donc principalement ce qui a trait au collectif, à une somme d’individualités et/ou de multiplicités. C’est dans cette optique que les études politiques ou la science politique s’élargissent à tous les domaines d’une société (économie, droit,sociologie, etc.) [wikipédia]

J’étais plutôt prédisposée à choisir le même camp que mes parents, le poids de la tradition n’étant pas négligeable.Pourtant au fil du temps mes opinions se sont  affirmées. J’ai fait un gros travail de déconstruction et je me suis rendue compte de manière évidente que mon coeur balançait définitivement à gauche et que les idées qui étaient celles des miens ne me correspondaient pas.

Aux élections présidentielles de 2002, j’ai pourtant voté comme mes parents même si j’ai surtout voté contre l’extrême droite. Je me souviens de ce défilé dans les rues de Besançon entre les deux tours alors que je n’étais encore qu’étudiante en Histoire. Je crois que cette année a été celle où ma part militante a réellement vu le jour. Je n’avais pas voté par choix, j’avais voté pour éviter le pire. Cette frustration, cette colère face à ce premier grand rendez-vous manqué m’a appris qu’il ne fallait jamais taire ses idées, que les défendre était essentiel, qu’il fallait parler politique, que la stratégie de l’évitement pouvait mener aux pires égarements. Définitivement je ne voulais pas être de ceux qui laissent la politique dans un coin. Elle fait partie de nos vies, elle les régit.

En 2007, nouvelles élections présidentielles, nouvelle déception… J’étais chez mes parents le soir des résultats. J’ai pleuré… Pour ma famille j’en faisais trop. Pour moi notre nouveau président ne valait guère mieux que ceux de l’extrême. Le quinquennat de Sarkozy aura au moins servi à renforcer mes convictions. Mais cela reste une bien maigre consolation.

Et puis il y a eu 2012 et l’espoir du changement. J’y ai cru, vraiment. En vain…

  • Aujourd’hui on impose aux Français une loi travail, la loi El Khomri,  par le 49.3 alors que beaucoup s’y opposent ou restent perplexes :

sondage loi travail

nawak

  • On instrumentalise un épiphénomène révoltant – l’attaque de l’hôpita Necker enfants malades – pour remettre en cause tout un mouvement majoritairement pacifique et un attentat tragique contre un couple de fonctionnaires de police pour provoquer l’émoi dans les foyers français. Concernant les dégradations, si elles sont inacceptables , le gouvernement reste encore celui qui fait le plus de mal au monde hospitalier en France : 22 000 postes et 16 000 lits supprimés dans les hôpitaux français d’ici 2017 voilà ce qui est indécent. L’indignation ne doit pas être « sélective » :

« Hordes violentes » et orphelin du terrorisme

Sur fond de combat à couteaux tirés entre l’exécutif et la CGT, les ténors du gouvernement et de la majorité n’ont pas hésité à forcer le trait : ainsi Manuel Valls a parlé d’un hôpital « dévasté », quand Bernard Cazeneuve fustigeait « les hordes de manifestants violents » qui s’en prenaient aux « vitres de l’hôpital » où, annonçait-il en avant-première, « l’enfant des policiers tués à Magnanville était hospitalisé ».

Une communication basée sur l’émotion et la récupération politique qui a rapidement agacé, au sein de l’hôpital. A France TV Info, un membre de l’équipe médicale n’a pas trop apprécié que le ministre évoque le fils de Jessica Schneuder et Jean-Jacques Salvaing : « Les médecins ont besoin de tranquillité pour gérer ce petit garçon […] devenu orphelin et instrumentalisé par l’échec politique de ce gouvernement. » Côté syndical, tout en condamnant « d’emblée les faits », on regrettait que son traitement politique et médiatique amène « à ne plus traiter le fond, l’opposition à la loi travail ».

Du côté des patients et de leurs proches, cette indignation généralisée ne faisait pas non plus l’unanimité. Ainsi de cette mère de jeune patient interrogée par BuzzFeed, qui soulignait les difficultés financières de l’hôpital qui, au quotidien, ne rencontrent pas le même engouement. Malgré ce que cela suppose comme obstacles supplémentaires dans la vie de parents d’enfant malade. [metronews.fr – suite]

  • On stigmatise les opposants et les manifestants en les associant aux casseurs qui n’ont rien à voir avec le mouvement d’opposition. On minimise le poids de ceux qui descendent dans la rue pour ne mettre en évidence que ceux qui ne sont là que pour détruire. On demande même aux forces de l’ordre de les laisser faire afin de discréditer un peu plus les mouvements sociaux :

Propos de Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat policier majoritaire Alliance, sur France Info – mai 2016

Lorsque vous voyez des casseurs détruire les vitrines, saccager des panneaux publicitaires, se servir des tubes néons à l’intérieur pour attaquer les forces de l’ordre et que des policiers mobilisés sont en face d’eux et qu’ils doivent attendre une heure en face d’eux pour intervenir (…) on se demande bien pourquoi.

L’Etat doit prendre ses responsabilités, ne pas nous laisser attendre des heures face à des casseurs identifiés, qu’on pourrait même peut-être préventivement assigner à résidence dans le cadre de l’état d’urgence ou interpeller.

Je pense que ça vise aussi à discréditer le mouvement social et syndical parce qu’évidemment, lorsque des syndicalistes manifestent contre un texte et qu’il y a des casseurs qui cassent tout dans le quartier, que les riverains sont exaspérés et que la police ne peut pas rapidement intervenir, et bien ça discrédite aussi quelque part le mouvement social

  • On parle même d’interdire les manifestations se servant d’une situation explosive que le gouvernement a lui même créée en imposant une loi par la force et en favorisant les débordements :

François Hollande a fait savoir qu’il n’y aurait plus d’autorisation de manifester si la préservation « des biens et des personnes » ne pouvait être « garantie ». « Pour l’instant, elles ne le sont pas, à ce moment-là, les décisions seront prises au cas par cas de ne pas autoriser les manifestations », a affirmé le chef de l’Etat. [Source : L’obs]

Alors oui, j’en ai marre. Je suis de gauche et ce gouvernement que j’ai aidé à mettre au pouvoir ne l’est clairement plus. Il n’en porte désormais que le nom, ses pratiques, ses méthodes et ses idées nous prouvant chaque jour un peu plus sa rupture complète avec son électorat et le peuple en général.

Ce gouvernement est violent et c’est cette violence institutionnelle qui me choque le plus. Je finirai donc sur ces sages paroles :

Il y a trois sortes de violence.
La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés.
La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première.
La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres. Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue.
(Dom Helder Pessoa Camara)

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7 réflexions sur “Je suis de gauche et j’en ai marre…

  1. Je viens d’une famille d’ouvriers. Donc plus à gauche. Sauf que chez moi on ne parlait pas politique. A l’école j’ai aimé l’histoire et je me suis intéressée à la vie politique de notre pays. Je me suis rendue compte qu’avant Mitterand, on avait remboursé la dette et que sa présidence a fait beaucoup de mal aux finances de notre pays. J’ai grandi sous Chirac. J’ai voté pour la première fois en 2002. Selon mes convictions au premier tour puis pour Chirac. Contre le FN. C’était une première piqûre qu’aucun de nos politiques n’a comprise. Ni de droite ni de gauche. Et rien n’a changé, il n’y a pas eu de remise en question.
    Je ne suis ni de gauche ni de droite. Je serais plutôt du centre. Mais un vrai centre. Et je suis très critique. Je ne vote pas pour un parti, je vote pour les idées. Je suis très déçue de la gauche depuis son arrivée au pouvoir. Pour moi son bilan est pire que celui de Sarkozy. Notre pays va bien plus mal, et pas seulement économiquement parlant.
    Le problème c’est qu’aux prochaines élections, ni la droite ni la gauche ne me semblent avoir appris de leurs erreurs alors je ne vois pas qui aura ma voix.

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  2. J’ai eu un peu le même sentiment que j’ai entendu le gouvernement dire aux syndicats de prendre leur responsabilité pour stopper le conflit…
    Les syndicalistes ne sont clairement pas tout blanc (j’aurai même tendance à les détester vu le temps que je prends à rentrer en ce moment), mais ce ne sont pas des casseurs, et, ils se battent pour leurs droits qu’on leur refuse…
    Triste époque décidément ! Heureusement qu’il y a l’euro pour « occuper » un peu le peuple ***soupir*** 😉

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    • J’avoue ne pas ressentir les répercussions des grèves dans ma petite campagne jurassienne 😉 C’est donc plus simple pour moi de ce point de vue. Mais oui heureusement qu’il y a l’Euro ! (enfin perso je m’en tape comme de la dernière gaine de ma grand-mère).

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      • L’euro me fait penser aux jeux du cirque que l’on organisait pour occuper le peuple il y a fort longtemps…
        Et je ne te jèterai pas la pierre de n’en avoir que faire 👍

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      • Moi ce qui m’exaspère le plus c’est qu’on ne parle que de foot alors que notre équipe ne fait plus grand chose depuis longtemps, que les joueurs ont tous l’air d’avoir un ego surdimensionné et qu’ils sont considérés pour certains comme des dieux vivants alors qu’ils sont souvent bien trop orgueilleux. Bref, on se comprend 😉

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  3. Pingback: Cette semaine j’honore… #4 – Céline et son Bric à Brac en Vrac

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