La dépression, mon « chien noir »…


Il y a quelques semaines de cela j’ai été reconnue par un comité médical comme personne souffrant de dépression. Je suis donc actuellement en arrêt pour longue maladie. MA-LA-DIE. Oui je suis bien malade.

La dépression constitue un trouble mental courant, caractérisé par la tristesse, la perte d’intérêt ou de plaisir, des sentiments de culpabilité ou de faible estime de soi, des troubles du sommeil ou de l’appétit, d’une sensation de fatigue et d’un manque de concentration.

Elle peut être de longue durée ou récurrente, et porte essentiellement atteinte à la capacité des personnes à fonctionner au travail ou à l’école, ou à gérer les situations de la vie quotidienne. Dans les cas les plus graves, la dépression peut conduire au suicide. Lorsque légère, la dépression peut être traitée sans médicaments. Cependant, lorsqu’elle est modérée ou grave, les patients peuvent avoir besoin de médicaments et d’une thérapie par le dialogue. [définition OMS]

Voilà, tout ça, c’est moi, parfaitement moi. Je vis avec depuis longtemps alternant des phases de renouveau et de rechute. La tristesse, la perte d’intérêt ou de plaisir, la culpabilité, les troubles du sommeil, la fatigue, le manque de concentration, la mémoire qui flanche… sont mon quotidien depuis quelques mois.Je suis un traitement et une psychothérapie, à nouveau…

Que mon trouble soit reconnu par des médecins, par les institutions m’a apporté un peu plus de sérénité et une forme de légitimité. Car oui être dépressive c’est subir la méfiance, la défiance des autres…

Tu pourrais prendre sur toi !

Fais des efforts !

Il y a pire tu sais…

Pourtant tu as tout pour être heureuse : une famille, un travail…

Relativise…

Bon, ça va mieux maintenant ?!

Être dépressive c’est aussi voir son trouble devenir source de moquerie comme si la dépression n’était qu’un trait de caractère parmi d’autres (associé la plupart du temps à la faiblesse, le laisser-aller, le manque de courage…), comme si les dépressifs se complaisaient dans cet état alors que nous n’en retirons aucun plaisir, aucune satisfaction… D’ailleurs « chercher à dénigrer quelqu’un en l’associant à un trouble psy est psychophobe ». Je vous invite à lire cet article qui vous expliquera bien mieux que moi ce qu’est la psychophobie. Pour résumer une personne atteinte de trouble psy, de maladie mentale se voit retirer toute forme de raison :

La raison peut être opposée à l’irrationnel. Mais la folie se trouve sur le plan de la maladie, du trouble. Personne n’aurait l’idée de supposer le caractère « déraisonnable » d’un corps parce qu’il est tombé malade. Il fait ce qu’il peut avec ce qu’il a. C’est la même chose pour l’esprit. On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a. [casdenor.fr]

Oui, je fais ce que je peux avec ce que j’ai. Mon esprit est malade et je me bats pour guérir comme le corps le fait quand il est attaqué de toute part. Ma maladie est certes invisible, mon esprit difficilement accessible aux autres mais mon mal est bel et bien là et doit être soigné.

La dépression, c’est ce chien noir que j’essaie de domestiquer, d’épuiser, que je cherche à éloigner de moi…

 

 

Je ne suis pas la seule à le vivre, je ne suis pas la seule à être malade. Il serait bon que le regard que pose la société sur nous soit plus empreint de compassion et de compréhension. Notre force c’est aussi cette fragilité de l’esprit parce qu’à chaque combat gagné nous nous sentons un peu plus forts.

signature

 

 

Pour en savoir plus (vidéo) : Matthew Johnstone est un auteur et illustrateur australien, qui écrit en s’appuyant en grande partie sur ses propres expériences de vie, avec un style à la fois simple, frais et profond malgré la difficulté de certains sujets. « I Had a Black Dog » , publié en 2005, est son premier livre. Il y explique ce que c’est que de souffrir de dépression… (source : démotivateur)

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9 réflexions sur “La dépression, mon « chien noir »…

  1. Il faut apprivoiser cette maladie. Oui tu es malade, mais les maladies invisibles sont tellement méconnues et ignorées alors qu’on souffre vraiment.

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